LE VIAUR : les églises (2).


A l'amont : des sources à Thuriès.

L'église de La Clau qui jouxte les restes de la commanderie des Templiers était l'ancienne chapelle du commandeur (1412). Elle est remarquable par sa structure qui possède, notamment au chevet, une curiosité architecturale assez peu commune : des « angles arrondis ».

L'église romane de Saint-Amans
A 4 km de Vezins . Entourée d'un cimetière, une petite église d'origine romane. Sont remarquables : son porche roman excentré et à l'intérieur de beaux chapiteaux (chœur et chapelle). Attention, comme dans beaucoup d'églises de campagne, les portes sont fermées et il faut parfois se contenter de l'extérieur si le voisin qui a la clé est absent.


L'église de Saint Etienne de Viauresque

L'église, construite au douzième siècle, conserve une nef romane mais le reste du bâtiment a été remanié plusieurs fois à partir des quinzième et seizième siècles (chapelles et clocher-peigne). Comme à Saint-Agnan, (voir ci-dessous) des modillons ornent la façade et les côtés de la chapelle. Nous pouvons, entre autre, apercevoir un personnage tenant une anguille à la main, rappelant ainsi la rivière Viaur toute proche, ou encore une femme occupée à plumer une volaille. Si à l'extérieur des modillons ornent les murs de l'édifice, à l'intérieur, des sculptures sont notables tels un joueur de flûte ou un chapiteau historié. Il faut aussi noter la présence de deux statuettes du XVe siècle représentant Saint-Jean et la Vierge. Ces deux statuettes faisaient partie d'un groupe représentant la Crucifixion, dont le Christ en croix a disparu. On peut aussi signaler deux croix gothiques dans le cimetière.

 

L'église de Saint- Agnan

 

Proche de la précédente, elle fut construite comme elle au douzième siècle, puis transformée à partir du quatorzième. Son portail en plein cintre et sans tympan est une quasi-copie de celui de Saint Amans du Ram. Comme à Saint-Etienne, les petites figures grimaçantes ou les animaux qui décorent les chapiteaux ou les modillons des corniches sont typiques de l'art roman. Ils apportent à ces deux édifices trop oubliés la touche de fantaisie des artistes de cette époque.

A noter aussi, à Saint-Agnan un bénitier en bronze d'assez belle facture et orné sur le pourtour d'une encourageante inscription : « Jésus-Marie Que l'eau bénite nous confère Salut et Vie L'an 1493 » (AVE MARIA GRATIA PLENA (trois fois) AQUA BENEDICTA SIT NOBIS SALUS et VITA L'AN M CCCC XXXXIII.)

Cette petite église renferme en outre deux autres éléments dignes d'intérêt : un sarcophage sculpté représentant des scènes de forge sur ses faces. Il daterait des environs du huitième siècle et a été découvert par Louis Balsan alors qu'il servait d'abreuvoir à la fontaine du village. En second lieu, un tableau du XVIIe siècle, représente le miracle de Saint-Amans , premier évêque de Rodez , accompagné de son diacre Naamas et qui, grâce à ses prières, fait foudroyer une idole païenne, sous les yeux des ruthènes. Il aurait été amené en ce lieu par l'abbé Cassagnes, un des architectes de Saint-Amans de Rodez au XVIIIe siècle qui était natif de Saint-Agnan . Une rue attenante à l'église ruthénoise porte d'ailleurs toujours son nom.

La chapelle de Bergounhoux .

Malgré son original petit clocher et une baie gothique dont le manque de verticalité accroche le regard, le bâtiment a un peu moins d'intérêt architectural que les précédents mais l'isolement et le calme quasi monastiques du lieu donnent à la chapelle un charme indéniable. Elle doit son nom à un duc de Bourgogne fondateur de l'édifice en remerciement à la Vierge qui l'avait remis dans le droit chemin à cet endroit où l'on peut effectivement se croire perdu ! Et bien sûr, l'on y est venue vénérer, pendant longtemps, lors d'importants pèlerinages, une statuette de la Vierge à l'Enfant.

Notre dame Pont de Salars

Situé sur le plateau, un peu à l'extérieur du village actuel sur la D 611 qui mène à Ségur , ce modeste édifice était jusqu'en 1851 le siège de la paroisse de Salars qui comprenait trois autres villages dont Pont de Salars . Ce n'est qu'à la fin du XVIII ème siècle que ce dernier va prendre le pas sur les autres avec la construction de la route royale Montauban-Millau qui fait du lieu un relais entre Ségala et Lévézou . Cette prééminence amène alors les autorités locales à ne pas agrandir la chapelle de Salars et à bâtir une autre église à Pont de Salars même.

D'origine très ancienne, puisque l'on en trouve mention dans une charte du cartulaire de Conques en 1078, la chapelle de Salars a connu de nombreux remaniements (le porche gothique du quinzième siècle par exemple) notamment parce qu'elle se transforme en école dans la deuxième moitié du dix-neuvième. Restaurée à partir de 1968, le modeste édifice vaut par l'originalité de l'ensemble de la construction, fruit de ces évolutions multiples.

Notre Dame de Délivrance

On peut y voir une statue de Vierge à l'enfant, datant sans doute du XV ème siècle : « Notre Dame de Salars  » . Antérieurement appelée « Notre Dame de Délivrance », car elle protégeait (dans une autre chapelle celle du Rials, (détruite) les femmes enceintes, cette statue était vénérée à la Pentecôte. La tresse noire des cheveux évoquant un serpent et le bouquet de reines-marguerites dans la main droite de la Vierge sont les deux éléments les plus originaux dans le traitement de ce sujet très présent dans une région où pratique religieuse et culte marial furent particulièrement vigoureux.

Eglise du Poujol

Situé sur la voie romaine reliant l'Espagne à Lyon par Toulouse Rodez et Millau, le hameau de Camboulas était jusqu'au XVII ème siècle, le principal village de la région (gîte d'étape, artisanat textile important). Puis au dix-huitième siècle, il fut comme tant d'autres, une des victimes de la restructuration des voies de circulation engagée par la monarchie qui met en service une route royale passant par Pont de Salars dont l'expansion est parallèle au déclin de Camboulas. Pratiquement inhabité aujourd'hui, le site n'en est pas moins extrêmement attrayant par la qualité du cadre naturel mais aussi parce que le hameau de Camboulas conserve une petite église d'origine romane (douzième siècle) qui est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Bel édifice roman (douzième siècle puis remaniements ultérieurs) au plan classique mais avec une coupole à la croisée de la nef et du transept. On peut aussi remarquer le chevet pentagonal et les deux absidioles latérales. Le clocher-peigne, massif, édifié lui au seizième siècle, renforce encore l'aspect fortifié présent dans la silhouette de la plupart des églises d'origine romane.

 

St-Georges de Camboulas .
Si le hameau de Camboulas s'est trouvé pendant un moment sur une grande voie de circulation, ce n'est pas le cas de Saint-Georges : la petite route qui y conduit se termine en cul de sac ; on la prend sur la D 911, juste avant celle de Camboulas (ici la carte Michelin ne suffit pas …). Il s'agit de l'un de ces « bouts du monde » dont la vallée du Viaur a le secret. A ces lieux « magiques » sont liés légendes et cultes divers. Ici, Saint Georges (on ne sait pas très bien s'il s'agit du saint légendaire ou d'un évêque de Lodève) pour échapper à un guet-apens (ou à un dragon !) aurait grâce à son cheval et à ses talents de cavalier, franchit d'un seul saut la vallée. En retombant, bien sûr, le cheval laissa l'empreinte d'un de ses sabots sur un rocher, marquant là son passage, sur lequel de pieux chrétiens aurait bâti un sanctuaire. L'église romane, massive et fortifiée, domine le site.

Le Christ Juge .

Au tympan du porche d'entrée, un Christ en majesté ou Christ juge est une réplique (certains disent un modèle) de celui de Conques , fort célèbre. L'œuvre, certes moins élégante, de facture plus rurale et archaïque que celle de Conques, n'en est pas moins de grande qualité. La présence un peu incongrue d'une telle pièce artistique au tympan d'une église campagnarde mérite une explication. Celle qui est habituellement fournie suggère qu'un ouvrier participant à la reconstruction de l'église de Rodez (détruite en 1276) tout en étant aussi moine de Saint-Georges, aurait confondu restauration ruthénoise et réemploi local …



Basilique Notre Dame de Ceignac (commune de Calmont)

L'essentiel de la basilique date des XVème et XVIème siècles (chapelle du Saint Sépulcre), cependant elle conserve la base d'une nef romane, édifice plus ancien. Sa Vierge de bois peint (de style gothique donc antérieure à l'église elle-même) trône au centre du sanctuaire qui est toujours un lieu de dévotion fréquenté (pèlerinage le 8 septembre).
On peut aussi admirer à l'extérieur, un oratoire qui complète l'ensemble cultuel et une petite halle carrée (16 ème siècle) fort bien proportionnée.

Sur la même commune de Calmont : église Saint-Amans de Magrin
Si l'édifice lui-même n'est pas classé, il est cependant particulièrement bien pourvu en objets inscrits à l'inventaire des Monuments Historiques : une statue du quinzième siècle (Astorg de Cenaret abbé de Bonnecombe 1442-1457), une Vierge à l'Enfant du treizième siècle. Mais, à Magrin , comme à Flavin, (voir plus bas), ce sont les fresques murales (Crucifixion, Evangélistes) découvertes en 1925 et datant du quinzième siècle qui présentent sans doute le plus d'intérêt.

 

- Eglise Saint- Sauveur de Grandfuel  (commune de Comps-la-Grand-Ville).

Une originale église fortifiée au seizième siècle : échauguettes de part et d'autre du chevet,meurtrières, tourillons en encorbellement avec percées pour des canons. Et surtout, à l'intérieur un retable et une chaire du XVIII ème siècle classés monuments historiques. Ouverture l'été le dimanche après-midi seulement ou sur demande (Tél. 05 65 74 12 13 ; …12 81 … 12 93 … 24 66 ou encore 12 12).

- Eglise Saint-Jean Baptiste de La Capelle Viaur (commune de Flavin ).

Il ne reste plus rien ou presque des origines romanes de la bâtisse inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques pour son retable du maître autel. Il est organisé autour d'une toile de la crucifixion, datée de 1623, qui en forme le principal attrait avec une statue de Saint-Jean Baptiste. On y trouve aussi une "Vierge à l'enfant" (probablement de la fin du 17 ème) de facture artisanale.

- Eglise Saint-Pierre Flavin

De la vieille église Saint Pierre (14e siècle) dont une statue trône sur la place, il ne reste que le chevet surmonté d'un clocher mais on y a dégagé récemment (1977-1987), sous la direction de Mme Claire DELMAS, conservateur des antiquités et objets d'arts de l'Aveyron , des peintures murales qui ont été inscrites à l'inventaire des Monuments Historiques. Elles datent, selon les cas, du XIV, XV ou XVI ème siècles. Une notice descriptive facilite la lecture des scènes représentées, parmi lesquelles on remarquera outre les patriarches de l'Ancien Testament (voir photo), les symboles des évangélistes (sur la voûte) : le lion de Saint Marc (le mieux conservé), le taureau de Saint Luc, l'aigle de Jean.

La visite, gratuite, vaut le déplacement. Il faut demander la clé de l'entrée à la maison voisine, en contrebas de l'église.

- La Chapelle de notre Dame de Roucayrol

Il s'agit d'un bâtiment modeste, situé aux limites de l'Aveyron et du Tarn, dans un cadre particulièrement agréable. Cette chapelle, comme celle de Bergounhoux et tant d'autres, aurait été fondée sur le lieu d'une apparition de la Vierge. C'est aussi un lieu de pèlerinage car l'on y guérissait, par la prière, de diverses maladies de peau. L'on comprend qu'au centre d'un retable datant du XVIIème, ne pouvait figurer qu'une belle statue de Vierge à l'Enfant.

La chapelle est ouverte le Week-end pendant l'été.

- La Chapelle préromane, Notre-Dame du Roc 

Notre Dame du Roc, surplombe les vallées du Céor et du Giffou , ainsi que le château de Castelpers. C'est un sanctuaire, qui fut lui aussi, bien sûr, lieu de pèlerinage (guérison cette fois … des maux de tête).
Une agréable marche de cinq grosses minutes, par un sentier escarpé, mène à ce modeste édifice enchâssé dans le roc. Remarquable pour la qualité de l'adaptation de l'architecture aux contraintes du cadre naturel il possède au chevet une abside semi-circulaire à bandes lombardes et conserve une statue de la Vierge très originale : elle écrase sous ses pieds trois vilains serpents noirs.

Pour des informations plus complètes (accès) consulter : "Itinéraires au fil du Viaur", guide édité par l'association avec l'aide du contrat de rivière.
18.9 € (port gratuit) sur commande (par chèque à Viaur-Vivant) adressée à "Viaur-Vivant" 81190 MIRANDOL