LE VIAUR : LES BOIS


Texte de Claude Bernard et Gérard BRIANE Maître de Conférences à l'Université de Toulouse.
Illustrations en couleur de
Claude Bernard 81190 Mirandol.
Photos de Suzanne Calmettes, Pierre Fuentes et Thierry Couët.
Bois

On y trouve essentiellement des chênaies pubescentes et pédonculées à sous bois graminéen ou à fougères aigles.Ces chênaies se limitent aux versants encaissés du Viaur ou des ruisseaux affluents, elles ont été éradiquées des plateaux par l'utilisation agricole qui en est faite. Viaur-Vivant a planté son chêne en 1990, vingt ans plus tard il a belle allure

En fond de vallée, on trouve aussi localement des chênaies-charmaies sub-atlantiques à médio-européennes sur substrat ayant une bonne réserve en eau (fonds de vallon, proximité de la ripisylve, replat de la vallée).

Enfin, les châtaigneraies ont été beaucoup cultivées dans nos régions à partir du Moyen-Age. Elles occupent encore des surfaces importantes malgré leur mauvais état.

A noter parfois, en inversion d'étage, la présence de la série du hêtre.

- le chêne pédonculé (Quercus robur) est le chêne le plus majestueux. Il se reconnaît à ses feuilles sessiles et pourvues de deux oreillette à la base. Le gland, lui, est pédonculé, d'où le nom de l'arbre. Il peut vivre jusqu'à 1500 ans. Dans notre région, il est trés fréquemment hybridé avec le chêne pubescent
- le chêne pubescent (Quercus pubescens) est le chêne blanc. Il est généralement assez petit et tortueux. Ses feuilles sont pubescentes (velues), surtout sur leur face inférieure et sont marcessantes (restent sèches sur l'arbre en hiver). Ses fruits ont dû être consommés par l'homme du chalcolithique malgré leur richesse en tanins et leur astringence.
- le chêne sessile (Quercus sessiliflora) se trouve principalement dans les bois en versant nord. Ses feuilles sont pédonculées et sans oreillettes (ce sont les glands qui sont sessiles, c'est à dire directement rattachés à la tige).
- le chêne tauzin (Quercus pyrenaica) est ici en limite d'aire de répartition car c'est une essence typiquement océanique (Landes, Médoc, chaîne Cantabrique). Ses feuilles sont grandes et aux lobes profondément divisés avec des poils étoilés sur la face supérieure. Il débourre très tard (mai).
- le hêtre (Fagus sylvatica) est peu présent si ce n'est isolément en fond de vallée et un peu plus massivement dans la partie amont du cours de la rivière.
Il se reconnaît à son tronc lisse et droit et à ses fruits : les faînes.
- le châtaignier (Castanea sativa) est peut être l'arbre emblématique de la vallée. Il a toujours été favorisé par l'homme qui utilisait toutes ses ressources : fruits comme nourriture pour lui-même et les animaux, bois, feuilles comme litière. Jusqu'au début du XXème siècle, les châtaigneraies étaient portées dans les actes notariaux où elles avaient une grande valeur. Depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, elles ont été arrachées ou abandonnées aux maladies comme le chancre de l'écorce.
- l'érable champêtre (Acer campestre) est trés commun et se reconnaît à ses feuilles à 5 lobes arrondis et à ses fruits en samarres. Son bois est utilisé en menuiserie, tournerie et lutherie. Ses fleurs verdâtres peu visibles, mais trés recherchées par les abeilles, apparaissent en mars.
- le merisier (Prunus avium) est issu de la greffe sur un merisier ou cerisier sauvage. Il aurait été introduit par les romains. Les feuilles sont dentées et munies à leur base (pétiole) de deux petites glandes rouge. La floraison en mai est souvent spectaculaire sur les versants.
- l'alisier torminal (Sorbus torminalis) possède un beau feuillage rougissant à l'automne. C'est souvent un arbre de sous-bois (taillis sous-futaie) ou de bois clairs. Ses fruits ont parfois été consommés malgré leur âcreté. Fleurs en ombelles blanches en mai
- Le fusain d'Europe ou bonnet d'évêque (Evonymus europaeus) est un arbuste remarquable pour ses fruits (capsules) rose carminé à l'automne et qui laissent apparaître 4 graines d'un orange vif. Leur toxicité les a fait autrefois utiliser, une fois réduites en poudre, comme moyen de lutter contre les poux. Ses jeunes rameaux sont quadrangulaires et verts. Plus âgés, il deviennent gris et sont alors transformés en charbon de bois qui serviront au fusain à dessiner.

- le noisetier ou coudrier (Corylus avellana) est le premier arbre à fleurir avant même le printemps (janvier/février) avec ses châtons pendants. Ses fruits ,les noisettes, étaient déjà trés recherchées par les hommes de la préhistoire...
et d'aujourd'hui...

- Le néflier (Mespilus germanica) n'était pas connu de l'homme du Chalcolithique puisqu'il a été introduit par les grecs ou les romains. Cultivé pour ses fruits, les nèfles, qui sont consommées après blettissement ou après les premières gelées. Avant cette période, elles sont acerbes et coriaces. C'est un fruit astringent. C'est un arbuste de plaines ou de collines qui ne monte guère au-dessus de 800 m d'altitude. Il pousse généralement dans les bois clairs ou les haies. Ses fleurs blanches sont assez grandes et s'ouvrent en mai-juin. Son nom occitan, mespoulos, provient de son nom latin : Mespilus germanica.
- le houx (Ilex aquifolium) se retrouve dans les sous-bois frais. On extrayait de son écorce la glu pour la chasse aux passereaux.
- le sureau noir (Sambucus nigra) est un arbuste qui pousse dans les terrains riches en humus (nitrophile) et qui s'installe souvent près des habitations. Il a parfois fait l'objet de cultures car ses grappes de fleurs étaient utilisées contre les affections de la gorge. Les fleurs, en grappes blanches, apparaissent en juin et servent à faire des beignets. Les baies noires, riches en vitamines A et C et en sels minéraux, sont utilisées pour la préparation de confitures ou de liqueurs. Ils sont même entrés dans la préparation de certains vins cuits.
- la bourdaine (Rhamnus frangula) est un arbuste des sols acides et des lieux humides. Le charbon de son bois entrait dans la fabrication de la poudre à canon et on extrayait de ses fruits noire une teinture jaune.