LE VIAUR : LA FLORE

 

LE LIVRE DE REFERENCE SUR LE SUJET

Claude BERNARD a publié (juin 2005) "La flore du Viaur" où vous découvrirez depuis la source du Viaur dans le Lévezou jusqu’à sa confluence avec la rivière Aveyron à Laguépie, la flore de cette vallée grâce à 200 reproductions d’aquarelles en couleur (absolument magnifiques), en pleine page, avec en regard un descriptif de la plante ainsi que ses diverses propriétés.

Claude Bernard, membre de la Société Tarnaise de Sciences Naturelles, quand il ne milite pas à « Viaur-Vivant », partage son temps entre ses recherches botaniques sur le terrain et ses aquarelles qui retranscrivent avec délicatesse toute la beauté des plantes de la vallée.


Vous pouvez visiter, avec profit, son site :
http://viaurnature.e-monsite.com/


Textes de Claude Bernard et Gérard BRIANE Maître de Conférences à l'Université de Toulouse.
Illustrations en couleur de
Claude Bernard 81190 Mirandol.
Photos de Suzanne Calmettes, Pierre Fuentes et Thierry Couët.

Cette verdoyante vallée encaissée forme parfois des gorges profondes (400 m de dénivelé à Flauzins, voir photo) avec des parois et des affleurements rocheux dont le substrat est schisto-gneissique. Les contrastes provoqués par l'exposition différente des versants mais aussi des différences d'influence climatique font tout l'intérêt floristique de la vallée du Viaur qui constitue un véritable carrefour bioclimatique. Sa valeur bénéficie d'une reconnaissance scientifique par sa richesse botanique et faunistique puisque elle a été inventoriée en tant que ZNIEFF (Zone Naturelle d'intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique). Elle est aussi proposée au futur réseau Natura 2000 et est classée Zone Verte dans le cadre du SDAGE Adour-Garonne (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux).

La végétation de base est formée de taillis de chênes et de châtaigniers, de quelques hêtraies à l'amont, de friches et de landes à bruyères, ajoncs, genêts et callunes. La ripisylve est constituée par la saulaie-aulnaie.

Des plantations importantes de résineux ont parfois été effectuées, notamment dans les années 80.

UN CARREFOUR BIOCLIMATIQUE

- L'influence atlantique

Elle se retrouve compte tenu de l'orientation ouest/est de la vallée. Elle se traduit avec des espèces comme le chêne pédonculé qui est ici une essence très abondante en fond de vallée ou dans le bocage du ségala. Associé à cette espèce, on trouve le millepertuis perforé, le chèvrefeuille des bois, la germandrée scorodoine, la véronique officinale, etc. Dans les landes, on peut rencontrer les bruyères, la fougère aigle, le genêt à balais, les ajoncs, le seneçon à feuille d'adonis. Cette influence se traduit surtout par des espèces comme le chêne tauzin et l'osmonde royale qui se trouvent ici en limite est d'aire de répartition. Une influence assez proche se retrouve avec le chêne sessile associé au néflier, à l'alisier torminal, à la bourdaine, à l'anémone des bois, à la canche flexueuse, etc ...

- L'influence méditerranéenne et subméditerranéenne

L'influence méditerranéenne se fait sentir par la filaire ("auder" dans la région), l'érable de Montpellier, l'oeillet de Montpellier ou le millepertuis à feuilles étroites, les sédums et de nombreuses fougères des rochers. On trouve ces espèces dans les secteurs abrités et les affleurements rocheux des gorges de Planèze et de Flauzins, au château de Thuriès, sous Bar...

L'influence subméditerranéenne est traduite par l'abondance du chêne pubescent très fréquent en versant sud. Il est associé à l'érable champêtre, au prunellier, au cornouiller sanguin, au genévrier, l'origan...

- L'influence montagnarde et continentale

Elle est liée aux apports amont de la rivière, notamment en provenance du Lévezou. De plus, certains secteurs en versant nord et en fond de vallée trouvent ici des conditions favorables (humidité, nébulosité, forte hygrométrie...). C'est ainsi que l'on peut rencontrer parfois du hêtre à basse altitude où il est ici en inversion d'étage. L'influence montagnarde se traduit aussi par la présence du noisetier, du houx, de la digitale pourpre, de la renoncule à feuilles d'aconit, de la primevère élevée, du géranium noueux, de la mercuriale ou du blecnum en épi.

- La ripisylve

Au bord du Viaur et des ruisseaux affluents, on trouve une bande étroite constituée par la ripisylve ou végétation du bord des eaux. La végétation y est souvent luxuriante, assez proche d'une forêt-galerie. On y trouve des espèces comme le peuplier, l'aulne glutineux " vergne ", le charme, les saules blancs, presque roux ou des vanniers, le frêne élevé, la viorne aubier, le buis, le houblon, des prêles, des carex, la phragmite, la rare osmonde royale, etc...