LE VIAUR : landes, friches, rochers.


Textes de Claude Beranrd et Gérard BRIANE Maître de Conférences à l'Université de Toulouse.
Illustrations en couleur de
Claude Bernard 81190 Mirandol.
Photos de Suzanne Calmettes, Pierre Fuentes et Thierry Couët.
 
Landes et friches : ce sont, le plus souvent, des landes xérophiles poussant sur substrat siliceux où la roche gneissique ou schisteuse affleure très souvent. Dès que le sol est plus profond ou moins dégradé, elles laissent la place à la chênaie pubescente. Ces landes résultent aussi souvent de l'abandon de cultures, très fréquemment des vignes en terrasses.

Ce milieu se caractérise dans la vallée par une forte influence laté-méditerranéenne. L'influence atlantique y est plus ou moins présente, mais son intérêt en tant que limite de répartition pour certaines espèces latéméditerranéennes n'est pas négligeable (oeillet de Montpellier, filaire). D'autres espèces d'influence atlantique sont relativement rares en Aveyron et Midi-Pyrénées (chêne tauzin, ajonc nain). Ce sont des zones de contact intéressantes pour la faune (nombreux orthoptères et coléoptères).

- Le genêt à balais ou brande (Cytisus scoparius) a la belle floraison dorée au printemps . A mâturité, les fruits éclatent avec fracas.
- la bruyère cendrée (Erica cinerea) qui est l'espèce caractéristique des landes avec des fleurs en grelots rosâtres qui s'épanouissent en juillet/août. Les feuilles sont en grappes autour de la tige (verticillées).
 - la callune (Calluna vulgaris), quand à elle, fleurit un peu plus tard (un mois de décalage). Elle a des feuilles opposées et disposées en écailles et des fleurs en cloches aux pétales non soudés.
 - Le genévrier commun (Juniperus communis) possède des baies sphériques et noirâtres trés utilisées comme condiment depuis trés longtemps (choucroute ou salaisons). Elles sont aussi utilisées dans la liqueur de genièvre ou le gin dont la réputation a été faite par Robert Fabre, natif du villefranchois, dans son livre: " Quelques baies de genièvre ".
- Le cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) attire surtout le regard en automne et en hiver par son feuillage et son écorce roux qui lui ont valu son nom. Le noyau des baies en grappes noirâtres contient une substance grasse et était utilisée au Moyen-Age pour faire des savons ou pour faire brûler les lampes à huile. Les fruits ont aussi été consommés par l'homme du chalcolithique, probablement après cuisson du fait de leur légère toxicité à l'état cru.
- La clématite des haies ou vigne blanche (Clematis vitalba) est la seule liane des pays tempérés. On la remarquera surtout en hiver avec ses longues draperies de ses aigrettes soyeuses (akènes). Il s'agit d'une plante toxique aux propriétés détersives. Les mendiants s'en frottaient autrefois les bras et les jambes pour provoquer des ulcères superficiels dans le but d'apitoyer les personnes charitables, d'où son nom d'Herbe aux gueux.
- L'aubépine à un style ou épine blanche (Crataegus oxyacantha) est un arbuste épineux d'où son utilisation importante dans les haies. C'est un arbuste d'une grande résistance et d'une grande longévité d'où son nom de genre Krataigos qui veut dire " fort résistant ". Ses fruits rouges ou cenelles sont riches en vitamine C et ont été utilisés par les hommes préhistoriques. Les fleurs qui apparaissent en mai seraient tonicardiaques.
- l' ajonc nain (Ulex nanus) et l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus) sont des arbustes épineux à fleurs jaunes d'influence atlantique (ici en limite d'aire orientale). Les deux espèces fleurissent à des périodes différentes.
- le seneçon à feuille d'adonis (Senecio donidifolia) a de magnifiques fleurs jaunes se détachant sur un feuillage très découpé.
- l'origan (Origanum vulgare) se reconnaît à son feuillage parfumé. Il est souvent appelé " thé " par nos anciens pour ses propriétés toniques et antiseptiques. En cataplasme il soignerait aussi les torticolis.

- la fougère aigle (Pteridium aquilina) est ainsi nommée du fait de ses racines ressemblant à des serres de rapace. Toutes ses parties sont toxiques ce qui fait qu'elle n'est consommée par aucun animal.

Feuilles qui trompent ou qui serpentent.

 
Rochers : on parle souvent de végétation chasmophytique pour ces milieux rocheux souvent en mosaïque mais qui peuvent , localement, devenir importants (travers de Flauzin).
 - la filaire à feuilles moyennes (Filirea media) ("auder" dans la région), est souvent confondue avec le chêne vert avec son feuillage persistant. Mais ses feuilles sont opposées et les fleurs jaunâtre donnent en début d'hiver des baies bleuâtres.
 - l'érable de Montpellier (Acer monspessulanum) est une espèce méditerranéenne calcicole (" qui aime le calcaire "). Il possède des feuilles caractéristiques à 3 lobes distincts. Les fleurs verdâtres apparaissent avant les feuilles et sont trés mellifères (attirent les abeilles) du fait de leur richesse en nectar.
 
- l'oeillet de Montpellier (Dianthus monspessulanum) est une jolie fleur odorante aux pétales roses très découpés .
- le millepertuis à feuilles étroites (Hypericum linearifolium) a un feuillage finement découpé et des fleurs d'un magnifique jaune d'or.
 - le faux-capillaire (Adianthus capillus-veneris) est une fougère poussant sur les vieux murs et les rochers. Ses tiges sont d'un beau noir luisant et ses feuilles avaient la réputation de guérir la toux.
 - le cétérach officinal (Ceterach officinarum) a des feuilles (frondes) découpées et recouvertes d'un revêtement de petites écailles qui protège la plante de la dessication pendant les périodes de sècheresse. A ce moment là, les frondes de cette fougère se recroquevilles sur elles-mêmes pour s'étaler à nouveau à la moindre pluie. C'est le phénomène de reviviscence.
 - le sédum blanc ou orpin blanc (Sedum album) est aussi une plante adaptée à la sècheresse grâce à ses feuilles charnues. Il pousse sur les rochers et les vieux murs. On l'a parfois appelé pain d'oiseau car les pigeons en son friand.
 
- les lichens sont des végétaux trés particuliers car ce sont des organismes composés d'un champignon et d'une algue. On parle ici de symbiose car chaque végétal tire bénéfice de l'association. L'algue fournit les éléments glucidiques à partir du carbone atmosphérique et les sucres alors que le champignon fournit les éléments minéraux. Les lichens ont parfois été utilisés pour connaître la pollution atmosphérique car, suivant les espèces, leur sensibilité est variable, ce qui permet d'établir par leur cartographie une zonation de la pollution. Parmi les lichens, on peut citer l'évernia du prunier, la xanthorie des murailles, la peltigère du chien ou la parmélie du chêne.