LE VIAUR : ripisylve, pelouses et prairies.


Textes de Claude Bernard et Gérard BRIANE Maître de Conférences à l'Université de Toulouse.
Illustrations en couleur de
Claude Bernard 81190 Mirandol.
Photos de Suzanne Calmettes, Pierre Fuentes et Thierry Couët.
La ripisylve
Il s'agit en fait d'une étroite bande le long du Viaur. Elle peut, en hiver, subir des inondations. Il s'agit de forêts à bois tendres pouvant, en certain endroits être pionnières (abandon de prairies, coupes).
 Ce sont des forêts riveraines dominées par l'aulne glutineux et le frêne élevé situées le long des cours d'eau des plaines et des collines. A noter le fort dépérissement de l'aulne dès qu'il atteint un certain diamètre. Ce sont des formations plus liées à la présence d'eau et de sols hygromorphes qu'à l'influence climatique.
On peut aussi y inclure des communautés nitrophiles formées de bordures herbacées hautes sur substrat humides situées en lisière de forêts ou plus ou moins sous couvert forestier rivulaire que l'on appelle mégaphorbiées. On les trouve le long du Viaur et de ses affluents, mais aussi près des sources et des écoulements dans les vallons encaissés.
 - l'aulne glutineux (Alnus glutinosa) (ou vergne) est un bel arbre au port dressé et à des feuilles légèrement tronquées au sommet. Il a la propriété de fixer l'azote de l'air par ses racines par l'intermédiaire de bactéries : les Frankia. Malheureusement, c'est une espèce en mauvais état sanitaire dans la vallée
- le frêne élevé (Fraxinus excelsior) est un très bel arbre au port élancé au feuillage apprécié du bétail, c'est pourquoi il est souvent émondé. Il se reconnaît à ses feuilles composées pennées et à ses fruits en samares.
 
- le peuplier (Populus nigra) est une essence introduite pour sa croissance rapide dans les lieux humides. Sa culture (populiculture) est importante. Toutefois, celle-ci peut avoir de graves conséquences écologiques comme l'assèchement de certains secteurs et surtout, elle entraîne l'appauvrissement biologique de milieux spécifiques comme les prairies inondables ou des forêts alluviales naturelles (les ripisylves) qui sont victimes de cette culture industrielle.
- le charme (Carpinus betulus) est un arbre facile à confondre avec le hêtre. Toutefois ses feuilles sont dentées et son tronc lisse est plus tortueux et souvent en cépée. On le reconnaît à ses fruits en grappes pendantes. Bois apprécié pour la fabrication d'outils : maillets, quilles, roues de moulins...
 
- la viorne obier (Viburnum opulus) est un arbuste à la belle floraison blanche en ombelles qui laissent la place à de belles grappes de fruits rouges toxiques.
- le carex pendant (Carex pendula) forme des touffes d'un vert franc et des tiges florales hautes avec des châtons pendants et de tiges triangulaires.
 - le houblon (Humulus lupulus) est une liane grimpante reconnaissable à ses fruits en grappes pendantes.
- la renoncule à feuilles d'aconit (Ranunculus aconitifolia) est une plante de grande taille à fleurs blanches qui pousse le long du Viaur ou des ruisseaux, c'est plutôt une plante montagnarde.
- la primevère élevée (Primula elatior) pousse, elle aussi au bord des eaux, souvent associée au hêtre ou au charme. Elle se différencie du " coucou " par ses fleurs plus grandes.
 - la saponaire officinale (Saponaria officinalis) a été utilisée et cultivée depuis trés longtemps par nos ancêtres car ses feuilles et ses racines, une fois broyées, remplaçaient le savon. Elle était utilisée au Moyen-Age pour désuinter les laines et laver les étoffes délicates. Ceci est dû à la présence de glucosides comme la saponine. Belle floraison estivale rosée.
 - la cardère ou cabaret des oiseaux (Dipsacus sylvestris) est aussi une plante à histoire... En effet son nom vient du fait que les oiseaux viennent s'abreuver dans ses feuilles qui sont soudées à la base deux à deux et qui contiennent de l'eau de pluie. Le nom de cardère ou de chardon à foulon rappelle aussi que cette plante était utilisée pour carder la laine.
- l'osmonde royale (Osmunda regalis) est la fougère emblématique de la vallée avec son port superbe. C'est la plus grande fougère d'Europe (elle est ici en limite est d'aire de répartition).
Elle a toutefois tendance à se raréfier dans certains secteurs du fait de l'enfrichement ou des aménagements.
 
Les pelouses et prairies sèches
Ce type de formation végétale, essentiellement anthropique, présente la plus grande diversité floristique en espèces herbacées. Ces prairies résultent de longues pratiques pastorales (moutons ou bovins) et sont d'une grande diversité floristique.
Le long du Viaur, on trouve aussi quelques prairies mésophiles ou hygroclines de plaines sur sol bien drainé. Ce sont des prairies fauchéees plus ou moins extensives où la fertilisation est raisonnée, voire absente ce qui contribue à leur grande biodiversité. Elles se raréfient de plus en plus dans la vallée du fait de la déprise.
- La brize moyenne ou amourette (Briza media) ou encore tremblette est une trés belle graminée souvent utilisée dans les bouquets secs.
 - La dame de onze heures ou ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum) n'ouvre ses corolles blanches qu'avec le soleil, en fin de matinée, d'où son nom. Les fleurs s'épanouissent en avril-mai.
 - la brunelle laciniée (Brunella laciniata) aux grappes de fleurs bleues ou blanches. Espèce vulnéraire.
 - le bugle rampant (Ajuga reptans) est souvent confondu avec l'espèce précédente et s'en distingue par ses fleurs verticillées et ses tiges carrés munies de longs stolons.
 - le serpolet Thymus serpyllum) est une plante odorante qui rampe sur le sol, en effet, herper, en vieux français vient du grec herpein qui veut dire ramper qui fut traduit en latin par Serpyllum.
- la piloselle (Hieracium pilosella) est une petite plante à feuilles poilues nommée parfois oeille-de-rat et à fleurs jaunes était utilisée pour lutter contre la brucellose et est anti-infectieuse. Ses racines émettent des toxines qui éliminent les espèces voisines et favorise son expansion.
 - le muscaris à toupet (Muscaris comosum) se reconnaît à ses fleurs bleues en toupet dressés sur une tige nue.
 - le sérapias en langue (Serapias lingua) est une petite orchidée des prairies sèches qui se reconnaît à ses fleurs rougeâtre en langue.
 - L'orchis mâle (Orchis mascula) possède deux tubercules souterrains qui lui ont donné son nom (Orchis: " testicule " en grec). D'après le médecin grec Dioscoride (Ier siècle de notre ère), l'orchis était utilisé par les couples de Thessalie pour déterminer le sexe de leur futur enfant. A ne pas cueillir. Floraison en avril-mai.
Orchis mâle
Orchis moucheron
Orchis bouc